Journée - JOUR 28 À JOUR 35

Jour 28 à Jour 35 2019-03-01 - Grèce: Halkidiki

Une semaine d'arrêt et de réflexions mise à profit pour visiter la Chalcidique et la Macédoine. Très certainement séduisant en été, mais terriblement triste en hiver. Tout est fermé, personne dans les rues et sur la route... le no man's Land. Par contre, le bon côté: On a l'impression d'avoir l'exclusivité sur les sites touristiques. Patricia m'a rejoint et on profite ensemble de ces moments privilégiés.
La Chalcidique, c’est cette région du nord de la Grèce que l’on appelle aussi « les mamelles de la Grèce » ou « les trois doigts de la Grèce » formé par trois péninsules pénétrant la mer de Thace. Jamais je n’avais vu cette mer, théâtre des scènes de la mythologie grecque étudiée au collège. Je me plonge dans mon adolescence et dans cette eau à 13° pour apprécier d’avantage la chance qui me pousse jusqu’ici.
Nous commençons par visiter la péninsule la plus à l’ouest, Cassandre, vaste territoire agricole où on y cultive l’olive et les agrumes, bordée de sable de plage, lieu préféré des touristes Grecs.
Nous prenons une chambre à l’hôtel « Cavo d’oro » à Néa Moudania , petit village balnéaire à l’entrée de la péninsule. Le site est désert, il fait froid et le soleil timide est déjà couché lorsque nous garons la twingo sur le parking, face au port.
Rien de bien intéressant à faire ce matin, Patricia eu l’idée de se rendre à l’église orthodoxe située au centre du village, et en ce dimanche matin, l’affluence à l’office est important. Nous pénétrons dans l’église, les femmes sont regroupées sur la gauche, et les hommes sur la droite, la liturgie a déjà commencé, l’église semble trop petite pour tant de fidèle. A La prière du diacre, succèdent les chants des moines, puis ils sortent du sanctuaire avec le pain, et vont le porter à l’autel. Le prête donne aux fidèles la communion en déposant un morceau de pain trempé dans le vin dans la bouche avec une cuillère. Les chants sont émouvants et raisonnent dans les coupoles de briques rouges. Nous quittons l’église et reprenons notre route pour découvrir Cassandre.
Une petite route de campagne nous amène au sud de la péninsule, une chapelle sur un belvédère nous offre un superbe panorama sur la mer. Cassandra est triste en cette saison, nous regagnons les hauteurs et passons la nuit à Polygyros, perché à 650 m au-dessus des champs d’olivier.
Au petit matin, le thermomètre affiche -3°. Quelques giboulées ont rafraichi le ciel. Le froid gâche l’engouement du voyage, mais la nature reste belle, nous sillonnons Sithonie dans la journée, de criques en églises, de villages et en oliveraies.
La troisième péninsule, la plus énigmatique est Aktè, dite aussi la République Monastique du Mont Athos, terre sacrée pour les chrétiens orthodoxes du monde entier. Ici vivent hors du temps deux milles moines répartis dans vingt monastères, aucune femme n’y est admise, pas plus que les animaux femelles à l’exception des chattes car elles chassent les souries.
Pour y pénétrer, il faut être munis d’un laissé-passé délivré quotidiennement à 100 personnes. Seul 10 visiteurs non orthodoxes sont admis. On y accède que par la mer à partir d’un ponton situé à Ouranopolis. Pour nous impossible d’embarquer, alors on décide d’emprunter un chemin à travers la végétation et le long de la côte pour s’approcher de la frontière, chose normalement interdit aux femmes. Ce territoire est un des rares endroits au monde où la cartographie Google n’est pas disponible.
Une piste étroite slalomant entre les champs d’olivier et bordée de végétation aride avale de petites collinettes, jouxte parfois les calanques et aboutie à la frontière matérialisée par un mince cour d’eau asséché. Côté « zone libre »Il y a là un site archéologique où jadis un monastère élevé sur une bute dominait la mer. Le site est fermé d’après son gardien endormi dans sa guitoune. « Trop glissant », prétexte-t-il. Sur l’autre rive, une clôture et des panneaux d’interdiction hostile aux visiteurs précisent les risques encourus en cas d’effraction.
Nous franchissons une passerelle métallique enjambant le ru et longeons un mur bahut surmonté d’un grillage rouillé jusqu’au portail du monastère de Zygou. La clôture se termine immergée dans la mer Egée. Aucun moine n’est visible, les lieux semblent pourtant habités. Nous ne pouvons pas aller plus loin, et décidons de faire demi-tour en empruntant un sentier sur les coteaux, parfois enneigé qui offre de très belles vues sur la côte.
Nous partons maintenant à la découverte de Kavala.