Journée - JOUR 25

JOUR 25 2019-02-20 - Chalcédoine - Thessalonique (Grèce) 42 km.

J’ouvre les yeux à 7h30, j’ai la tête comme un tambour, je n’ai pas beaucoup récupéré et je sens que je suis à la limite. Thessalonique n’est à une quarantaine de kilomètres, et j’ai l’impression de devoir faire un effort considérable pour y aller. Ce n’est pas de bon augure pour la suite de cette aventure. Mais comme à chaque jour suffit sa peine, je ne pense qu’à l’objectif du jour.
Je quitte cet hôtel détestable dans l’idée d’en finir au plus vite, pensant à la prochaine semaine de repos. Patricia doit me rejoindre vendredi prochain. Nous allons profiter d’une semaine pour visiter Thessalonique et la Chalcidique.
La route qui pénètre la cité de Thessalonique, deuxième ville du pays, possède 4 voies déformées par le passage incessant des poids lourds creusant de profondes ornières dans l’asphalte. La circulation est fluide, la tentation est trop grande de tester la vitesse de pointe du Ape. Alors j’enroule la poignée des gaz et pousse le petit moteur pour atteindre la vitesse de 78 km/h, exceptionnel pour ce genre de véhicule.
Me voici dans Thessalonique, je fais un crochet vers le « Langata » un boulevard commerçant où se trouvent de nombreux magasins de moto et de cycles. J’ai besoin de pneus pour envisager la suite du voyage, je trouve assez facilement une paire de gomme chinoise à 16 euros pièce. Je viendrai les acheter en temps voulu, suivant ma décision.
Je m’installe à la terrasse d’un cafénio pour prendre un café expresso « sketoss », c’est-à-dire sans sucre, et aussi pour me réchauffer aux rayons de soleil de ce début de matinée. C’est l’occasion de découvrir la façon de vivre des grecs qui se rassemblent souvent dans les cafés et peuvent discuter pendant des heures avec leurs amis autour d’une tasse.
Thessalonique est une grande ville de plus de 750 000 habitants, j’aime l’éclectisme de cette ville animée où l’on passe d’un quartier bourgeois à un quartier populaire simplement en traversant la rue, où les immeubles modernes côtoient les monuments antiques. La ville haute reste l’endroit le plus pittoresque, faite de petites maisons bleues et blanches, souvent délabrées, accrochées à la pente, dominée par les vieux remparts. La mégapole a un côté village. Le soir, les luminaires orangés rajoutent une note de mélancolie. C’est là que j’ai réservé un lit d’une chambre commune à Little Big House, un petit hôtel coloré ou plutôt une auberge de jeunesse de la rue Andokidou, juste en dessous des remparts. Je gare l’Ape devant la maison en ruine attenante à l’hôtel et je prends possession de ma chambre avant d’aller visiter la ville.
Je déambule la journée entière constatant le fléau des graffitis qui dégradent les murs et les vitrines. Certains taggs recouvrent aussi bien les murs des quartiers résidentiels que les quartiers touristiques, les monuments historiques et les bâtiments publics ne sont pas épargnés. Peut-être cela est-il visible plus en Grèce qu’ailleurs parce que ici les graffitis ne sont pas effacés? Mais Thessalonique c’est surtout son front de mer et la tour blanche, un peu plus loin la belle sculpture moderne: Les Parapluies, où encore l’arc Galère et la Rotonde , et enfin le coucher du soleil sur la baie depuis la Tour Trigoniou. Bien d’autres sites extraordinaires donnent à la ville un intérêt culturel évident.