Journée - JOUR 23

JOUR 23 2019-02-18 - Bitola (Arym)- Edessa (Grèce) 105 km.

Ensoleillé.
Je traîne au lit jusqu‘ à 9h30, angoissé par le bourdonnements de mes oreilles. Je me décide enfin à ranger mes affaires et à aller marcher dans les rues de la ville. Peu de temps après mon retour à l’hôtel, Goce arrive à vélo, une caisse isothermique sur le porte-bagages. Il me reconnait immédiatement, et moi j’ai bien compris qui il est. Nous bavardons un moment puis nous partons prendre un café au bar du coin. Lorsque nous revenons à l’hôtel, nous croisons le couple de chinois qui la veille était arrivée àbord d’une voiture de location quasiment en même temps que moi. Nous avions fait connaissance. Nous bavardons tous les quatre pendant une bonne demie heure sur nos voyage, nos pays, nos habitudes. Ce type de dialogue est très enrichissant.
Je quitte l’hôtel vers 10h30, direction la frontière Grecque située à une quinzaine de kilomètres. La route est droite, large et traverse de longue exploitation agricole et des vergers de pommiers, de chaque côté, au loin toujours les montagnes enneigées.
Je me trouve rapidement devant la barrière de douane et de contrôle de police. L’enregistrement est assez rapide côté Macédoine. Côté grec, ma plaque d’immatriculation française a suffi à la belle hellène pour valider mon passage. Quelques kilomètres plus loin, j’aperçois les premiers ouvrages routiers financés par l’Europe. La différence d’infrastructure routière est frappante.
Je traverse quelques villages, tout juste, un bar et une boulangerie. La ruralité a l’état pur. Je décide de m’arrêter à Amyndéo, pour acheter un sandwich, retirer des euros dans un DAB, et boire une bière à la terrasse ensoleillée d’un pub. Le prix de la bière me rappelle que je suis de retour dans la communauté européenne.
J’ai choisi d’écouter les conseils de Goce qui m’a proposé de longer le lac Végoritida, effectivement la route parallèle au rivage est superbe. A mon passage des centaines de canard prennent leur envol en frappant la surface de l’eau du bout de leurs ailes.
Je fais étape à Edessa, à l’Hôtel…J’ y rencontre Photios, un solide Grec de 125 kilo. Il travaille comme contrôleur sur le chantier de construction du gazoduc qui va relier un gisement en mer Caspienne à l’Adriatique. Un chantier de près de 900 km donc 550 en Grèce. Photios est kinésithérapeute de métier mais par manque d’emploi, il a à accepter cette reconversion. Photios est un amoureux du rugby, il a joué au FC de Grenoble et parle parfaitement le Français. Nous allons boire un verre et parler de mon voyage.
Le Ape est garé perpendiculairement au trottoir et les passants sont attirés par la liste des pays que j’envisage de traverser, à ce sujet Phitios me dit d’un ton décisif : « Le nom Macédoine que l’Europe utilise pour notre pays voisin est mal accepté par les Grecs. La Macédoine c’est en Grèce ! Alexandre Le Grand était roi de Macédoine et il était Grec ! Nous nous appelons notre pays voisin «SKOPJE » du nom de sa capitale. Est-ce que les français accepteraient que les belges se prétendent gaulois ? ».
Devant une telle détermination et pour ne pas créer de différent avec mes hôtes, je me suis empressé de corriger cette erreur avec du sparadrap et un feutre. A la satisfaction de tous. « Quand tu arriveras en Turquie, tu pourras l’enlever ».
Phitios a la gentillesse de me communiquer plein d’information pour la suite de mon séjour à Thessalonique et sur les sites à ne pas manquer. Ainsi je mets au programme du lendemain la visite de la tombe d’Alexandre Le Grand.