Journée - JOUR 22

jour 22 2019-02-17 - Lin (Albanie) – Bitola (Macédoine) 110 km.

Ensoleillé.
J’ai dormi comme un loir, épuisé par les 2 heures de vélo de la journée, pourtant sur un parcours parfaitement plat. C’est ça le secret contre l’insuffisance cardiaque. Dormir.
Il est 11h00 lorsque je sors de ma chambre pour charger mes affaires dans le Ape. Le patron de l’hôtel est sur le parking, il salut et remercie les clients qui quittent l’hôtel. Il vient vers moi et entame une conversation en français. Il me dit qu’il a appris avec Google Translate en 3 mois. Il se débrouille vraiment bien et est capable de tenir une conversation basique.
Puis je quitte l’hôtel et prend la route inverse de la veille, pentu, en direction du le col et de la frontière Macédonienne.
La route est large et chemine en crête dominant le lac. Il me reste des Leks en poche. Cette devise n’a cours dans aucun pays, il faut absolument les dépenser ou les changer avant de quitter l’Albanie. Je m’arrête donc pour déjeuner dans un restaurant encore en Albanie puis me présente au guichet de change juste avant le poste de douanes. La conversion n’est pas très avantageuse mais je n’ai pas le choix.
La police et les douanes Albanaises puis Macédoniennes me laissent passer sans encombres, seules quelques questions qui relèvent plus de la curiosité que de leurs fonctions ralentissent un peu la démarche.
La route est large est très pentu pour regagner la plaine en direction de Orhid, je me laisse glisser au point mort à 60 km.
Le paysage sur le lac Orhid apparaît à nouveau, bordé de jonc sur plusieurs kilomètres avant que les plages de sable et de petits galets s’ouvrent aux terrains de camping délabrés, mis en ruine comme son tourisme après l’éclatement de l’ex-yougoslavie.
Au fond de la baie, près de la montagne, la silhouette de la forteresse d’Orhid se dessine au-dessus la végétation recouvrant le promontoire. A ses pieds la vieille ville s’est développée et plus loin, dans la plaine à l’intérieur des terres elle s’est urbanisée.
La forteresse SAMUEL domine le lac et surplombe l’église Saint Clémente et Pantaleimon. Sa muraille et ses créneaux se dessinent nettement dans le paysage. Implantée sur une de deux collines de la cité, j’y accède par l’entrée principale, flanquée de deux tours rondes, et me retrouve au moyen-âge.
Je reprends ma route avec l’intention de rejoindre Bitoli avant la nuit. Il est plus de 15h. Je file dans la plaine par la route A3 qui après un virage à 90° s’engouffre dans une forêt de pin et commence à prendre de l’altitude jusqu’au passage d’un premier col à 1100 m. La neige refait son apparition dans les sous-bois. Une nouvelle descente vers la plaine et voici le village de Resen où je fais le plein d’essence puis un deuxième col à 1150 m permet de traverser le parc national du Pelister qui offre de magnifiques paysages tantôt arides sur les sommets, tantôt recouverts de forêts de pins Molika. Le Ape gravit les pentes prudemment.
Vers 17h30, à la nuit tombante j’arrive à Bitola. L’hôtel Goldys que m’avait indiqué Goce, un membre de Warmshower est fermé. Je m’installe au « Villa Diamond », tout prêt de la zone piétonne.
Je vais dîner dans un restaurant de la Shirok Sokak. Les rideaux jaunis, le mobilier vieillot, le comptoir et la patronne bancales me plaisent bien. De plus, un poêle à pellets diffuse une chaleur accueillante. Je ne me trompe pas, l’ambiance et le repas sont authentiques.