Journée - JOUR 20

JOUR 20 2019-02-15 - Rinas-Albasan (Albanie) 94 km.

Temps ensoleillé
J’ai choisi de faire à pieds les deux kilomètres qui séparent l’aéroport de l’hôtel où j’ai laissé l’Ape. Ma priorité est d’aller offrir la paire de lunette que j’ai achetée à Walton au serveur du restaurant. Il est surpris et ému, et moi je suis heureux de lui faire plaisir.
Je vérifie mon véhicule, je fais le plein d’essence et je reprends mon aventure là où je l’ai laissé quelques jours plutôt.
La route qui relie Rinas et son aéroport à Tirana traverse une grande pleine entourée de montagne enneigées. De chaque côté, des campagnes à perte de vue et quelques vieilles maisons souvent adossées à un hangar. La plaine est immense jusqu’ à l’entrée de la ville marqué par un embouteillage. Il y a un accident sur l’autoroute qui traverse l’agglomération, et la fille de voiture s’allonge indéfiniment. Je patiente quelques minutes puis décide de faire demi-tour pour emprunter un contournement que propose mon GPS. Je quitte la route principale et m’engage dans une petite voie étroite à travers champs, mais rapidement le goudron fait place à une piste de terre, parfois boueuse. En 10 mn, je me retrouve dans l’Albanie profonde où cochons, chèvres et poules se partagent les enclos. Je demande ma route, pour le plaisir car le gps m’a déjà donner les réponses, à une dame vêtu de noir portant un foulard sur la tête. « Camping, camping » me dit-elle en m’indiquant la direction. Effectivement 500 m plus loin se trouve un camping.

La piste est défoncée et risque de le rester sur les kilomètres à venir, je la voie filer vers les reliefs élevés. Mieux vaut jouer la sécurité et tenter de reprendre le goudron le plus tôt possible. Au sommet d’une bosse un embranchement me ramène en direction de Tirana.

La traversée de la capitale n’est pas très facile, un boulevard longe l’autoroute urbaine puis se perd en contournant un parc dans les collinettes environnantes. A la sortie de la ville c’est le chantier d’un échangeur qui m’embrouille encore. Enfin je retrouve l’ancienne route qui reliait Tirana à Albasan avant que soient percés les tunnels autoroutiers. Les nombreux restaurants abandonnés à l’approche du col culminant à 750 m d’altitude témoignent que cet axe fût très fréquenté. En haut, la route déserte suit la crête de la montagne sur plusieurs kilomètres offrant une jolie vue de part et d’autre du massif. Puis je me laisse rouler dans la pente en direction de Albasan. A l’entrée d’un virage, un vieux monsieur appuyé sur sa cane attend je ne sais quoi. Je décide de m’arrêter pour essayer d’échanger quelques mots. Rapidement, il m’invite à boire un café dans une maison toute proche que je comprends être la sienne. Pas du tout, c’est celle de son cousin chez qui il est venu acheter du tabac qu’il va revendre au marché. Il y rejoint un ami, nous communiquons avec les signes puis son neveu nous aide dans la communication à l’aide de Google Translate. Je comprends que la famille cultive du tabac et l’olivier, et qu’ils ont 7 hectares de terrain en exploitation.
En fin d’après midi, je rentre à Albasan, ville sidérurgique sans grand intérêt, si ce n’est sa forteresse du XV e siècle en partie démolie. Des aménagements récents ont créé une perspective diurne très photogénique où l’élégance de la Tour de l’horloge surplombe les murailles de pierres.
Ici il semble qu’il y ait plus de coiffeurs que de restaurant, à croire que les cheveux poussent plus vite en Albanie qu’ailleurs. Les touristes sont inexistants et j'ai bien impression d'être le seul, même sur le boulevard Qemal Stafa, de loin le plus animé de la ville.
Je m’installe à l’Hotel….et je pars vers 18h00 visiter la ville à pieds. A l’entrée d’un jardin public, prés d’un manège, un homme fait griller des graines de tournesol noires dans une poêle en aluminium sur un feu à gaz. Il roule des petits cornets avec du papier de photocopieuse usagé. Je m'approche de lui, il lève les yeux vers moi et me tend une pièce de vingt leks (environ 15 centime d'euro) pour m(indiquer le prix. Je fouille dans mes poches et ne trouve que quelques pièces jaunes, même pas la valeur demandée. Alors je cherche dans mon portefeuille où il n'y a que billet de 500 leks. Je lui fais comprendre que je ne peux pas acheter. Alors en inclinant la tête, l'air désolé il me tend sa marchandise en me faisant signe de l'accepter. Je suis plus désolé que lui. C'est promis, je reviendrai le payer. Une heure plus tard, après être passé par le marché, je retrouve ce vendeur et je lui glisse dans son sacs 3 beaux morceaux de fromage. Je pense qu’il ne doit pas avoir l'occasion d'en manger tous les jours.